Le débat est bouillant entre les différents acteurs qui cherchent le remède à ce mal endémique du viol - et il ne fait que s'échauffer ces jours-ci, alors que certains ont fait sortir un nouvel accusé de leur boite à antidotes : la pornographie.
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®Getty Images |
Un avocat a en effet déposé un recours auprès de la Cour Suprême demandant l'interdiction totale de la pornographie et la criminalisation de son visionnage. Il est déjà interdit en Inde de diffuser ou de vendre tout matériel pornographique, mais le "consommer" de manière privée est toléré. Personne, en tout cas selon la loi, ne peut être condamné pour avoir regardé un film pornographique chez lui.
C'est cela que cet avocat aimerait changer. Dans sa pétition, particulièrement mal écrite et maladroite, il affirme que les films pour adultes sont à l'origine des divorces, pervertissent la culture indienne et surtout, qu'ils sont responsables de beaucoup de viols, car "les criminels sexuels regardent ces clips avant d'attaquer des femmes". Ces affirmations, reprenant des clichés conservateurs très répandus dans le pays, ne se basent sur aucune étude scientifique précise. Et c'est bien cela qui fait peur, car la Cour Suprême a tout de même accepté d'étudier les mérites de cette pétition.
Ce débat mérite pourtant la plus grande des nuances. D'un côté, il est évident qu'aujourd'hui, grâce à Internet - à travers les sites hébergés à l'étranger - et surtout aux smartphones indiens bon marché, la pornographie est de plus en plus accessible et mobile.
Cependant, comme l'explique une sociologue qui a mené plusieurs études sur la sexualité des Indiens, il n'y a aucune recherche dans le monde qui prouve que la consommation de matériel pornographique entraine de manière directe la commission d'un viol. Certaines études montrent même, à l'inverse, que l'élargissement de l'accès à ces films aux Etats-Unis a été accompagné de la baisse des violences sexuelles.
Pour essayer de percevoir le lien que l'on pouvait faire entre ces deux phénomènes, je me suis moi-même rendu sur un de ces marchés qui vend des films pornographiques pour téléphones portables par gigabits. Et d'essayer de voir si cela peut vraiment être dangereux pour les femmes indiennes
Voici ce reportage.